Prêtre slovaque se consacrant à la pastorale des Roms : nous devrions être leurs amis

Lors de sa visite en Slovaquie du 12 au 15 septembre, le pape François rencontrera la minorité rom à Košice, la 2e plus grande ville slovaque. La minorité rom est la plus importante du pays, mais elle vit toujours en marge de la société. Le Père Martin Mekel, partenaire de projet de la fondation pontificale Aide à l’Église en détresse (AED), parle de sa mission, de l’esprit du peuple rom, et donne son point de vue sur son travail pastoral dans un entretien avec Ján Tkáč, responsable de la communication de l’AED en Slovaquie.

Chaque année, des foules de touristes viennent passer leurs vacances dans une région appelée Sigord, près du réservoir de Veľká Domaša, un lac artificiel situé non loin de la ville de Prešov, dans l’est de la Slovaquie. Les touristes empruntent généralement la route principale pour éviter les petits villages et atteindre leur destination le plus rapidement possible. Mais ce n’est pas la seule raison.

Ce pays de 5 millions d’habitants compte quelque 350 000 personnes appartenant à la minorité rom. Il y a cent ans, la plus grande minorité ethnique d’Europe centrale avait une vie itinérante, ses membres gagnant leur vie comme forgerons, coiffeurs et diseurs de bonne aventure. Or, le régime communiste les a sédentarisés de force et les a employés dans des usines locales et dans des entreprises d’État, en les logeant à la périphérie des villages ou dans les banlieues des villes. Rien de tout cela n’a fonctionné.

Des décennies après cette expérimentation sociale contre nature et parfois brutale, au début des années 90, les Roms se sont retrouvés en pleine démocratie, dans un pays en rapide évolution.

Le cercle sans fin des subventions publiques, le manque d’éducation, la pauvreté, la sexualité précoce ont conduit à une situation où des milliers de Roms s’entassent dans les bidonvilles de la Slovaquie orientale, dans les villages que les touristes qui se rendent au lac cherchent à éviter. Non seulement parce qu’ils offrent une vision désagréable, mais aussi parce que certains craignent que les enfants qui courent partout dans le village ne se jettent devant leur voiture et ne les importunent.

Prêtre slovaque se consacrant à la pastorale des Roms : nous devrions être leurs amis.
Prêtre slovaque se consacrant à la pastorale des Roms : nous devrions être leurs amis.

Le père Martin Mekel, prêtre gréco-catholique, vit dans l’un de ces bidonvilles près du réservoir de Veľká Domaša. Marié et père de trois enfants, il dirige la Mission gréco-catholique auprès des Roms. Pourquoi consacre-t-il sa vie aux Roms ? Une fois la question posée, la réponse ne se fait pas attendre : « C’est le Saint-Esprit qui m’a emmené là », dit-il en riant. « Je n’avais jamais pensé travailler avec les Roms ; pas même après mon entrée au séminaire de Prešov. » Mais ensuite, alors qu’il était séminariste, il a été approché par un jeune Rom vivant dans un foyer d’accueil dans le même village que celui dont il était originaire, lui demandant s’il organisait des réunions de prière. Le Saint-Esprit avait trouvé Sa voie.

« Nous avons donc commencé à rencontrer pendant les vacances d’été des garçons roms dans le village d’où je viens. Puis, un ami, un salésien, m’a demandé de l’aider à s’occuper des enfants roms. Et après quelque temps, je me suis retrouvé dans un village qui était composé à 75 % de Roms. Manifestement, les choses ne furent pas faciles parce que son zèle pour les Roms fut mal accueilli par les autres habitants. « Tout simplement, ils n’étaient pas habitués à cela. Un nouveau prêtre arrive dans leur village et, soudain, les Roms vont à l’Église, ils entrent dans la maison paroissiale, ils sont partout… Cela n’a pas été facile », dit-il avec un sourire contagieux et une étincelle dans les yeux.

Aujourd’hui, rapprocher les Roms de Dieu est sa seule et unique mission. Lui et sa famille vivent au cœur même de cette communauté. Dans le secteur de Sigord, ils gèrent une grande maison de retraite cédée par l’État il y a quelques années. Le bâtiment est ancien, mais il profite à de nombreuses personnes. Grâce à l’aide des bienfaiteurs de l’AED, il a été possible d’installer un nouveau système de chauffage de l’eau. Qu’elle serve de lieu de retraite spirituelle ou de camp de vacances pour les enfants ou les familles en quête d’un endroit abordable pour se reposer en été, la Maison Sigord est toujours un bon choix.

Ceux qui connaissent l’Église gréco-catholique, sa pratique et sa liturgie divine, pourraient se demander si c’est la liturgie, le mysticisme, les couleurs ou les hymnes anciens qui rapprochent de Dieu un peuple aussi ancien que les Roms, peuple probablement arrivé en Europe de l’Inde il y a plusieurs siècles. Rien de tout cela, semble-t-il. Selon le père Martin, « Les Roms sont beaucoup plus attirés par les églises protestantes que par les rites catholiques… Moi-même, j’ai dû introduire des changements, nécessaires et licites, à notre liturgie parce qu’elle était trop complexe pour eux », dit-il, toujours avec son sourire. Sans s’interrompre, il ajoute : « C’est juste que…. lorsque vous êtes missionnaire, vous ne pouvez tout simplement pas vous attendre à ce que les gens acceptent immédiatement tout ce que vous demandez ou dites. C’est un processus. »

Le père Martin Mekel, prêtre gréco-catholique.
Le père Martin Mekel, prêtre gréco-catholique.

Cependant, le père Martin est sûr d’une chose : « Ce qui compte, c’est le type de relation. » Il explique que la plupart des ONG travaillent avec les Roms comme s’ils étaient des « clients ». « Mais ce ne sont pas nos clients, ce sont nos frères et nos sœurs. Une organisation a mené une enquête pour connaître ce que veulent les Roms. Ils ne cherchent pas un enseignement supérieur, ni plus d’argent ou des emplois dans les banques… Ils cherchent de bonnes relations dans leurs familles et leurs communautés. Ils veulent également être acceptés, avoir leur place quelque part, car beaucoup de gens ne veulent les voir nulle part. »

Le père Martin est très critique à l’égard de l’« aide » que l’on apporte aux Roms. « Depuis de nombreuses années, on a essayé de les changer, de les éduquer, de les façonner à notre image. Ils disent eux-mêmes qu’ils veulent quelque chose de différent. Il est donc peut-être temps pour nous – les Slovaques – d’entendre raison et d’attendre autre chose d’eux », dit-il avec fermeté. « Après toutes ces années, nous devrions moins aider et mieux comprendre. Nous devrions cesser d’être des assistants, des coordinateurs, des coopérants et commencer à être leurs amis. »

Bien sûr, il reconnait le fait qu’il est impossible de « nourrir quelqu’un spirituellement » quand il a besoin d’un morceau de pain. « Ça, c’est vrai, mais dans mon cas, dès le premier instant, j’ai su que Dieu ne m’avait pas appelé pour être un travailleur social. J’ai vu beaucoup de gens qui faisaient du ‘travail social’ s’épuiser et puis tout lâcher. Moi, je suis un prêtre, pas un travailleur social. »

Il n’est pas surprenant que le principal vecteur de changement soit ce que beaucoup appellent les « petites communautés », un modèle implanté et développé en Slovaquie il y a des décennies par l’Église clandestine sous le régime communiste. De petites communautés ou de petits groupes se réunissent régulièrement pour prier, partager, s’éduquer avec l’aide d’un prêtre ou d’un catéchiste. « Rien d’exceptionnel, à vrai dire, » dit-il ; « nous prions et nous enseignons, et nous faisons toutes sortes d’activités pour leur donner une chance de tirer profit de leurs talents et de leur potentiel : musique, théâtre, sport… Il est important qu’ils fassent tout eux-mêmes. Si je veux construire une nouvelle station missionnaire, ou un lieu de réunions, je leur demande de la construire avec mon aide. »

Dans la perspective de la prochaine visite papale, le Père Martin et son équipe essaient d’encourager les fidèles à aller à la rencontre du pape. « Ils aiment le fait que le pape va nous rendre visite, mais beaucoup d’entre eux ont peur de la vaccination. » Afin de participer aux activités associées à la visite en Slovaquie, il faut en effet se soumettre à une vaccination complète contre la Covid-19. Par ailleurs, de nombreux Roms de Slovaquie orientale souhaiteraient faire du bénévolat avant ou pendant la visite papale. « Je pense et j’espère que la visite papale dans le grand campement rom de Košice (dénommé Luník IX) aura un impact durable sur les relations entre les Roms et le reste de la société. Je prie pour que le Saint-Père ouvre le cœur des gens et aide la société à comprendre la nécessité d’accepter nos frères et sœurs roms. »

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Que signifie pour vous cette visite ?

La visite du Pape nous remontera le moral, plus que toute autre chose. Tous les yeux de la planète seront dirigés vers Baghdeda. Le monde saura ainsi ce qui est arrivé à cette ville : les terribles destructions et la migration forcée. Ce serait également bien si nous recevions ensuite un peu plus d’aide et de soutien. Cette visite est très importante pour nous qui sommes ici, surtout après l’énorme migration forcée de tant des nôtres. Cette visite signifie que nous ne sommes pas seuls et qu’il y a des gens qui prient pour nous. Cela nous donnera de l’espoir, nous encouragera à rester dans notre pays et à ne pas le quitter.

Qu’aimeriez-vous dire au Saint-Père ?

Si j’ai l’occasion de le rencontrer, je voudrais le remercier pour sa visite qui nous rend très heureux, et pour ses prières. Je tiens également à le remercier pour toute l’aide qu’il nous a procurée ces derniers temps. Je n’oublie pas sa grande solidarité et le geste qu’il a fait en vendant aux enchères la Lamborghini qu’on lui avait donnée pour soutenir avec l’argent récolté la reconstruction de la plaine de Ninive. Je voudrais aussi qu’il continue à prier pour nous afin que la paix arrive en Irak.

Qu’aimeriez-vous lui montrer à Qaraqosh/Baghdeda ? Que devrait-il visiter ?

Je voudrais lui montrer l’église historique Al-Tahira et des photos de Baghdeda, je voudrais qu’il voie comment l’État Islamique l’a détruite et comment les gens d’ici ont eu le courage de la reconstruire.

¿Qué significa la visita para usted?
La visita del Papa levantará el ánimo y la moral, más que cualquier otra cosa. Todos los ojos del mundo se dirigirán a Baghdeda. Así, el mundo sabrá lo que le sucedió a esta ciudad. La terrible destrucción y la migración forzada. También sería bueno si luego recibimos más ayuda y apoyo. Esta visita es realmente importante para nosotros, los que estamos aquí, especialmente después de la enorme migración forzada de tantos de los nuestros. La visita significa que no estamos solos y hay quienes rezan por nosotros. Esto nos dará esperanza, nos animará a permanecer en nuestra tierra y no dejarla.

¿Qué le gustaría decirle al santo padre?
Si tengo la oportunidad de encontrarme con él: quiero agradecerle su visita, que nos hace muy felices, y su oración. También quiero darle las gracias por todo lo que nos ha ayudado durante el último periodo. No me olvido de su gran solidaridad y del gesto de subastar el Lamborghini para apoyar con ese dinero la reconstrucción de la llanura de Nínive. También quiero que siga orando por nosotros para que la paz llegue a Irak.

¿Qué le gustaría mostrarle en Baghdeda /Qaraqosh? ¿Qué debería visitar?
Quiero mostrarle la histórica iglesia Al-Tahira y fotos de Baghdeda, quiero que vea cómo fue destruida por ISIS y cómo la gente de aquí ha sido tan fuerte para reconstruirla nuevamente.

Was bedeutet der Besuch für Sie?
Der Besuch des Papstes wird die Stimmung und die Moral heben, mehr als alles andere. Alle Augen der Welt werden auf Baghdida gerichtet sein. Dann wird die Welt erfahren, was mit dieser Stadt passiert ist, die schreckliche Zerstörung und die erzwungene Migration. Es wäre auch gut, wenn wir anschließend mehr Hilfe und Unterstützung bekommen würden. Dieser Besuch ist wirklich wichtig für uns hier, besonders nach der großen Zwangsmigration so vieler unserer Leute. Der Besuch bedeutet, dass wir nicht allein sind, und dass es Menschen gibt, die für uns beten. Das wird uns Hoffnung geben, es wird uns ermutigen, in unserem Land zu bleiben und es nicht zu verlassen.

Was würden Sie dem Heiligen Vater gerne sagen?
Wenn ich die Gelegenheit habe, ihn zu treffen: Ich möchte ihm für seinen Besuch, der uns sehr glücklich macht, und für sein Gebet danken. Ich möchte mich auch bei ihm für alles bedanken, was uns in der letzten Zeit geholfen hat. Ich werde nie seine große Solidarität vergessen sowie die Geste, den Lamborghini zu versteigern (siehe Link zur Meldung), um mit diesem Geld den Wiederaufbau der Ninive-Ebene zu unterstützen. Ich möchte auch, dass er weiterhin für uns betet, damit im Irak Frieden einkehrt.

Was möchten Sie ihm in Baghdida /Karakosch zeigen? Was sollte er besuchen?
Ich möchte ihm die historische Al-Tahira-Kirche zeigen und Bilder von Baghdida, ich möchte, dass er sieht, wie alles von ISIS zerstört wurde und welcher Kraft die Menschen hier es wiederaufgebaut haben.

What does the Pope’s visit mean to you?
The papal visit will lift up our spirits and morale more than anything else. All the eyes of the world will be on Baghdeda. And in this way the world will know what happened to this city. The terrible destruction and the forcible ethnic cleansing. It will also be a good thing if afterwards we get more support and help. This visit is really important to us, to those of us who are living here, especially after the massive ethnic cleansing and expulsion of so many of us. His visit means that we are not alone and that there are people who are praying for us. This will give us fresh hope and encourage us to persevere, here on our own soil, and not leave it.

What would you like to say to the Holy Father?
If I get the opportunity to meet him, I would like to be able to thank him for his visit, which has made us very happy, and for his prayers. I would also like to thank him for all he has done to help us in recent times. I have not forgotten his great gesture of solidarity in auctioning the Lamborghini in order to use the money to help pay for the reconstruction of our homes on the Niniveh plains. I would also like to ask him to continue praying for us and for peace to return to Iraq.

What would you like to show him in Qaraqosh/ Baghdeda? Which places should he visit?
I would like to show him our historic Al-Tahira church, and some photos of Baghdeda. I’d like him to be able to see how it was destroyed by IS and how the people here have worked so hard recently to rebuild it once more.

Qu’est-ce que cette visite signifie pour vous ?

La visite du Pape est ce que nous désirions le plus ici. C’est une grande bénédiction. Nous avons un grand désir de le voir. Ce qui rajoute de l’importance à cette visite, c’est la situation de vulnérabilité que nous, chrétiens, subissons en Irak. Il y a plusieurs raisons à cette fragilité, toutes sont les séquelles de l’État Islamique. Toutes ces destructions ont grandement contribué à l’émigration des chrétiens. De nombreux problèmes pèsent sur nous. Mais par sa visite, le Pape nous donnera de l’espérance et de la confiance, il nous encouragera et réduira notre fardeau. Bien que la situation soit instable en Irak en ce qui concerne la sécurité, tout spécialement dans le domaine politique, on s’attend à ce qu’à l’arrivée du Pape, sa sécurité soit correctement assurée.

Qu’aimeriez-vous dire au Saint-Père ?

Je voudrais lui demander de me donner sa bénédiction, de bénir mon travail et le dévouement des prêtres d’ici, et de bénir le peuple par ses prières. Je voudrais lui demander d’aider tous ceux qui sont en danger dans ce pays, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Qu’il tente de mobiliser les pays du monde entier pour soutenir ce pays qui a besoin d’aide.

Qu’aimeriez-vous lui montrer à Qaraqosh/Baghdeda ? Que devrait-il visiter ?

J’aimerais qu’il visite l’église Al-Tahira, parce que c’est un symbole et un élément du patrimoine de Baghdeda. Cette église est la mère, le foyer et le patrimoine de chacun des habitants de Baghdeda. Nos ancêtres ont construit cette église, nous avons tous le sentiment d’en faire partie. Bien sûr, nous serions heureux qu’il visite de nombreux endroits, des églises, monastères et maisons traditionnelles, et qu’il rencontre également beaucoup de gens qui ont le désir de le voir.

¿Qué significa la visita para usted?
La visita del Papa es lo que más hemos deseado aquí. Es una gran bendición. Sentimos un gran anhelo de verlo. Lo que agrega importancia a esta visita son las condiciones tan vulnerables que sufrimos los cristianos en Irak. Hay varios motivos para esa fragilidad, todas las secuelas que ha dejado el ISIS, esa enorme destrucción ha llevado en gran medida a la emigración de cristianos. Muchos problemas pesan sobre nosotros. Pero cuando nos visite, nos dará esperanza, confianza y aliento y reducirá esta carga. Además del hecho de que la situación de seguridad en Irak, especialmente la política, es inestable, se espera que a la llegada del Papa se garantice su seguridad de manera correcta.

¿Qué le gustaría decirle al santo padre?
Querría pedirle que me dé su bendición, que bendiga mi servicio y la entrega de los sacerdotes aquí y que bendiga al pueblo a través de sus plegarias. Le pido que ayude a todos los que están en peligro en este país, ya sean cristianos o musulmanes. Que intente movilizar a los países del mundo para que apoyen a este país que necesita ayuda.

 ¿Qué le gustaría mostrarle en Baghdeda / Qaraqosh? ¿Qué debería visitar?
Me encantaría que visite la iglesia Al-Tahira, porque es símbolo y patrimonio de Baghdeda. Esta iglesia es madre, hogar y herencia de cada uno de los habitantes de Baghdeda. Nuestros antepasados ​​construyeron esta iglesia, todos nos sentimos parte de ella. Ciertamente, nos alegraría que visitara muchos lugares, iglesias, monasterios y casas tradicionales,  también que vea a muchas personas que anhelan verlo.

Was bedeutet der Besuch für Sie?
Der Besuch des Papstes ist das, was wir uns hier am meisten gewünscht haben. Es ist ein großer Segen. Wir spüren eine starke Sehnsucht, ihn zu sehen. Was diesen Besuch noch wichtiger macht, sind die äußerst prekären Bedingungen, unter denen wir Christen im Irak leiden. Es gibt mehrere Gründe für diese Zerbrechlichkeit. All die Folgen, die ISIS hinterlassen hat, diese enorme Zerstörung hat in großem Maße zur Auswanderung von Christen geführt. Viele Probleme lasten auf uns. Aber wenn er uns besucht, wird er uns Hoffnung, Zuversicht und Ermutigung geben und diese Last verringern. Auch wenn die Sicherheitslage im Irak, insbesondere die politische Situation, instabil ist, hoffen wir, dass bei der Ankunft des Papstes seine Sicherheit ausreichend gewährleistet ist.

 

Was würden Sie dem Heiligen Vater gerne sagen?
Ich möchte ihn bitten, mir seinen Segen zu geben, meinen Dienst und die Hingabe der Priester hier zu segnen und die Menschen durch seine Gebete zu segnen. Ich bitte ihn, all jenen zu helfen, die in diesem Land in Gefahr sind, ob sie nun Christen oder Muslime sind; und die Länder der Welt zu mobilisieren, um dieses Land, das Hilfe braucht, zu unterstützen.

Was möchten Sie ihm in Baghdida / Karakosch zeigen? Was sollte er besuchen?
Ich möchte, dass er die Al-Tahira-Kirche besucht, denn sie ist ein Symbol und Erbe von Baghdida. Diese Kirche ist die Mutter, die Heimat und das Vermächtnis eines jeden einzelnen Menschen in Baghdida. Unsere Vorfahren haben diese Kirche erbaut, wir alle fühlen uns als Teil von ihr. Sicherlich würden wir uns freuen, wenn er viele Orte, Kirchen, Klöster und traditionelle Häuser besuchen würde, und auch, wenn er viele Menschen treffen würde, die sich danach sehnen, ihn zu sehen.

What does the visit mean to you?
The papal visit is the thing we have longed for most of all here. It will be a great blessing. We have a great yearning to see him. What gives added importance to this visit is the so very vulnerable situation that we are suffering as Christians in Iraq. There are many reasons for this vulnerability, including the aftermath of what IS left behind, the enormous destruction which has led in such large measure to the emigration of the Christians. There are many problems weighing on us. But when he comes to visit us, he will give us new hope and confidence and some relief from this burden. In addition there is the fact that the security situation in Iraq, and especially the political situation, is so unstable, so we are hoping that when the Pope does arrive they will guarantee his security in the way that they should.

 

What would you like to say to the Holy Father?
I would like to ask him to give me his blessing, to bless my ministry and the hard work of all the priests here, and also to bless all the people through his prayers. I would ask him to help all those in danger in this country, whether they are Christians or Muslims. And that he might strive to encourage the countries of the world to support this nation, which is truly in need.

What would you like to show him in Qaraqosh/ Baghdeda? What places ought he to visit?
I would love him to visit the Al-Tahira church, because it is a symbol and a rich cultural legacy of Baghdeda. This church is the mother, the home and the inheritance of every one of the inhabitants of Baghdeda. Our forefathers built this church, and we all feel we are a part of it. Of course, we would be happy for him to visit many different places – churches, monasteries and traditional homes – and also for him to be able to meet all the many people who are longing to see him.

Que signifie pour vous cette visite ?

Elle a une valeur morale, et non pas économique. Cette question occupera l’opinion publique mondiale, et tout spécialement irakienne. J’ai l’impression d’y tenir une place importante.

 

Qu’aimeriez-vous dire au Saint-Père ?

Ce sera formidable de faire sa connaissance, et je voudrais lui dire : « Nous avons besoin d’une protection internationale parce que notre communauté chrétienne a subi une migration forcée ».

Qu’aimeriez-vous lui montrer à Qaraqosh/Baghdeda ? Que devrait-il visiter ?

J’aimerais lui montrer les églises et les maisons brûlées, afin qu’il voie les dégâts que l’État Islamique a laissés derrière lui dans cette ville. Et aussi notre Musée du patrimoine de Baghdeda pour lui présenter notre histoire et notre culture.

¿Qué significa la visita para usted?
La visita tiene un valor moral, no económico. Este tema ocupará la opinión pública en el mundo y especialmente en Irak. Siento que tengo un lugar importante en él.

 

¿Qué le gustaría decirle al santo padre?
Será genial conocerlo y querría decirle “necesitamos protección internacional, porque nuestra comunidad cristiana ha sufrido una migración forzada”.

¿Qué le gustaría mostrarle en Baghdeda /Qaraqosh? ¿Qué debería visitar?
Me gustaría mostrarle las iglesias y las casas quemadas, para que vea el daño que dejó ISIS en esta ciudad. Y también nuestro Museo del patrimonio de Baghdeda para presentarle nuestro historia y cultura.

Was bedeutet der Besuch für Sie?
Der Besuch hat einen moralischen Wert, keinen wirtschaftlichen. Er wird die öffentliche Meinung in der Welt und insbesondere im Irak beherrschen. Ich habe das Gefühl, dass ich einen wichtigen Anteil daran habe.

Was würden Sie dem Heiligen Vater gerne sagen?
Es wird großartig sein, ihn zu treffen, und ich möchte ihm sagen: „Wir brauchen internationalen Schutz, weil unsere christliche Gemeinschaft unter der erzwungenen Auswanderung gelitten hat“.

Was möchten Sie ihm in Baghdida /Karakosch zeigen? Was sollte er besuchen?
Ich möchte ihm die Kirchen und ausgebrannten Häuser zeigen, damit er den Schaden sieht, den ISIS in dieser Stadt angerichtet hat. Und auch unser Heimatmuseum in Baghdida, um ihm unsere Geschichte und Kultur näher zu bringen.

What does this visit mean to you?
This visit has a moral value rather than an economic one. This is a topic that will engage public opinion around the world and especially in Iraq. I feel as though I have an important part to play in it.

What would you like to say to the Holy Father?

It would be wonderful to be able to meet him, and I would like to be able to say to him, “We need international protection, because our Christian community was forcibly displaced.”

What would you like to show him in Qaraqosh/ Baghdeda? What places should he visit?
I would like to be able to show him the churches and houses that were burnt out, so that he could see the destruction left behind by IS in this city. And also our Baghdeda Heritage Museum, so that we can show him our history and culture.