Novossibirsk: «Ma sœur, revenez-moi bien vite!»

Seule une minorité est tombée malade ; néanmoins, le confinement et ses conséquences économiques frappent tous les citoyens de Novossibirsk, métropole d’1,5 million d’habitants en Sibérie occidentale. Parmi eux, les personnes les plus touchées sont naturellement celles qui, déjà avant la pandémie, vivaient en marge de la société : les pauvres, les chômeurs, les personnes âgées, les enfants issus de familles socialement vulnérables. Actuellement, les religieuses du diocèse catholique romain de la Transfiguration de Novossibirsk se concentrent particulièrement sur cette frange fragile de la population. Les religieuses évoquent à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aid to the Church in Need (ACN), les défis qu’elles doivent affronter en cette période de pandémie.

En Russie, le premier cas confirmé de Covid-19 avait déjà été enregistré le 20 janvier 2020. Depuis, environ un demi-million de malades, 7478 décès ont été enregistrés (à la date du 17 juin 2020) ; le chiffre réel étant probablement nettement plus élevé. Cette situation a provoqué la mise en place de mesures de confinement dans tout le pays, qui ne sont relâchées que très lentement. Moscou est au cœur de la crise, mais en Sibérie également, la maladie se propage, même si c’est à moindre échelle. Rien que dans la zone urbaine de Novossibirsk, 4 604 cas de coronavirus et 62 décès ont été enregistrés.

Même sans cette pandémie, le travail des religieuses s’apparente à une tâche herculéenne. Membre de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, la religieuse d’origine allemande Sœur Theresa Witschling résume la situation ainsi : « Russie – Sibérie ; une terre connue comme ‘une maison sans toit’. Un pays qui, au fil de son histoire, a vu l’arrivée d’innombrables exilées et personnes déplacées de force. Parmi celles-ci, beaucoup sont morts en martyrs. Que ce soit de faim, de travail inhumain, de froid. L’hiver sibérien, long et rude, et les étés courts et caniculaires montrent clairement qu’ici, la vie est très difficile. »

Environ un demi-million de personnes avec des racines catholiques, majoritairement d’origine ukrainienne, polonaise ou allemande, vivent dans le diocèse de la Transfiguration en Sibérie occidentale sur une superficie de 2 millions de km2. Une quarantaine de prêtres s’occupent des 70 paroisses. Pour cela, il leur faut parcourir d’immenses distances. Sans l’aide des religieuses, le suivi pastoral des fidèles très dispersés serait absolument impossible.

Voilà pourquoi Sœur Theresa est venue en Sibérie en 2015 malgré les circonstances inhospitalières, en compagnie de deux autres sœurs. Depuis, les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul s’occupent d’un centre public et d’un centre appartenant à l’Eglise pour les enfants de Slavgorod, au sud-ouest de Novossibirsk. « La plupart des enfants sont originaires de familles en difficulté et socialement vulnérables, où les soins parentaux font défaut. Quelle que soit la situation, que les deux parents travaillent toute la journée pour un faible salaire, ou qu’un des parents travaille des mois durant à l’étranger pour assurer la survie de la famille, dans tous les cas, les enfants restent beaucoup trop souvent livrés à eux-mêmes. » Les religieuses les aident à faire leurs devoirs de classe, proposent différents projets culturels et veillent à ce que le déjeuner scolaire d’une centaine d’enfants soit payé, car ce sera souvent le seul repas chaud de la journée. Par ailleurs, deux fois par an, en été et en hiver, elles invitent les enfants à participer au programme « vacances avec Dieu ».

À cause de la pandémie, tout cela a changé. « Notre travail ici est maintenant devenu plus compliqué. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi, ou ont subi une réduction de leurs salaires. Ils frappent à nos portes et nous demandent de l’aide, ne serait-ce qu’un morceau de pain pour les enfants. »

Les religieuses ont commencé à coudre des masques de protection car il n’y en a pas assez dans la région, et elles les distribuent à leurs protégés. Les personnes sans domicile fixe de la ville aiment particulièrement les religieuses. « Tous ces gens ont des souvenirs douloureux et des blessures à l’âme. Ils ne viennent pas seulement nous voir pour l’aide matérielle que nous leur fournissons. Ils sont simplement reconnaissants de trouver ici un peu de cordialité et de chaleur. » Toutefois, ce n’est pas uniquement ce qui donne aux gens consolation et espérance : « Nous rendons grâce à Dieu de pouvoir célébrer l’Eucharistie tous les jours. En réponse à la pandémie, nous avons un temps d’adoration quotidien  de la Sainte Eucharistie. À la fin, le prêtre descend dans la rue avec l’ostensoir et bénit avec le Seigneur la communauté et la ville.»

Les religieuses en Russie restent aux côtés des personnes marginalisées pendant la crise du coronavirus.
Les religieuses en Russie restent aux côtés des personnes marginalisées pendant la crise du coronavirus.

Surmonter les distances

À Sourgout, à un millier de kilomètres à vol d’oiseau au nord de Novossibirsk, deux Sœurs polonaises de la Congrégation Sœurs angéliques de Saint-Paul, incarnent véritablement des anges pour les 140 personnes sans domicile fixe dans un foyer de réinsertion sociale. Elles organisent dans la paroisse des collectes de vêtements et de nourriture, ce qui est particulièrement vital en ces temps difficiles.

La communauté est venue pour la première fois à Sourgout en 2011, et elle s’y est établie en permanence depuis 2015 pour soutenir les activités pastorales dans la paroisse Saint-Joseph. Ce n’est qu’ici qu’il y a une « véritable » église. Grâce à l’initiative et à la générosité de certains fidèles, il a également été possible d’installer des chapelles dans des maisons particulières à Nojabrsk, à 320 km de Sourgout, ainsi qu’à Kogylam, à 190 km de la ville. En temps normal, les religieuses s’y rendaient régulièrement toutes les deux semaines en compagnie d’un prêtre. « Ce qui est important, c’est la relation personnelle avec les fidèles », constate Sœur Tereza Jakubowska, en rêvant d’autres chapelles pour les catholiques de la région. Participer à à la messe est plus important que jamais, et cela manque donc d’autant plus douloureusement en raison de la pandémie. Voilà pourquoi, comme beaucoup d’autres communautés, les Sœurs angéliques de Sourgout diffusent tous les jours en direct la Sainte messe et envoient une méditation pour la journée. « Ainsi, nous restons en contact. »Sœur Aliona Alakchova est une sœur de la communauté des Dominicaines de Béthanie et œuvre à Ichim depuis 20 ans dans la paroisse de la Miséricorde divine. « Il y a peu de catholiques ici, et ils vivent très disséminés dans les villages des environs. Lorsqu’ils viennent en bus aux messes du dimanche ou des jours de fête, ils acceptent de se plier à de longues heures d’attente avant de pouvoir repartir en fin d’après-midi. Nous nous efforçons de rendre leur attente plus agréable en les accueillant chez nous et en leur parlant. C’est la meilleure possibilité de faire connaissance avec les habitants de la communauté », souligne Sœur Aliona. « En cette période de Covid-19, tout est devenu difficile. Les transports en commun circulent encore moins, les taxis collectifs privés viennent irrégulièrement et respectent rarement les horaires. Pour nous, il est donc devenu difficile de nous rendre au chevet des malades, de faire des courses pour des personnes âgées et seules ou de leur apporter des médicaments. » les messes doivent maintenant se dérouler sans la présence physique des fidèles. Mais le besoin encourage la créativité : les religieux ont mis en place un groupe WhatsApp pour connecter toute la communauté et la tenir au courant grâce à ce réseau. Cela permet aussi de partager les liens pour la diffusion en direct des offices religieux en ligne.

Toutes les congrégations de religieuses de l’évêché luttent avec les difficultés dues au confinement. Les visites auprès de leurs paroissiens manquent cruellement aux Sœurs de Sainte Élisabeth à Novossibirsk : « Au fil de nos visites régulières, nous nous sommes liés d’amitié. Souvent, lorsque nous partons, ils nous disent : ‘Ne m’abandonnez pas, ma Sœur, revenez-moi bien vite !‘ » Dans ce cas, les religieuses ont recours au bon vieux téléphone. Il permet également aux Sœurs de Sainte Élisabeth de Novossibirsk de rester en contact avec tous ceux qui ne sont pas encore à l’aise sur Internet, en particulier avec les personnes âgées, qui souffrent beaucoup plus de la distanciation sociale.

Comme la plupart des congrégations, les Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará à Omsk ont transposé dans le monde virtuel la totalité de leurs activités pédagogiques. Elles enseignent la catéchèse par visioconférence, tournent même de petites vidéos encourageantes avec quelques adolescents et élaborent à l’échelon de la province de leur congrégation des activités très poussées, dépassant largement la circonscription d’Omsk. « Notre objectif est d’inciter les adolescents à réfléchir à la Parole de Dieu, même pendant cette pandémie. Nous prions pour que cette période tellement grave d’un point de vue humain nous amène ainsi que tous les hommes à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour de Dieu et du prochain », explique Mère Maria Glum.

La prière : le plus puissant des remèdes

Seule communauté contemplative du diocèse, les Carmélites de Novossibirsk opposent à la pandémie la défense la plus puissante dont nous disposons comme chrétiens – la prière. Les religieuses Sœurs Teresamaria, Christina et Agnija écrivent : « Nous prions pour la guérison des malades, la consolation pour ceux qui souffrent, l’aide pour les professionnels de la santé et la protection contre la contagion pour les groupes de personnes les plus vulnérables. Nous incluons aussi dans nos prières les scientifiques qui travaillent sur le développement de médicaments et d’un vaccin contre le virus, et nous n’oublions pas les gouvernants qui doivent résoudre des problèmes socio-économiques de portée mondiale. Pleines de reconnaissance pour l’aide que nous recevons de votre part, nous incluons toujours ACN et ses bienfaiteurs aux prières que nous offrons au Seigneur. »

ACN International soutient  68 religieuses qui vivent dans 18 villes du diocèse de la Transfiguration, de Novossibirsk. « Si ce soutien faisait défaut, ce serait non seulement une déception pour les religieuses, mais une catastrophe », confirme l’évêque local, Mgr Joseph Werth – c’est d’autant plus vrai dans cette crise durant laquelle il n’y a également plus de collectes dans les communautés.

Depuis de nombreuses décennies, ACN soutient également les communautés de religieuses des trois autres évêchés catholiques romains à Moscou, Irkoutsk et Saratov, au travers de bourses de formation et d’aides à la subsistance, lors de la construction et de la rénovation des couvents des religieuses et pour se procurer des moyens de transport.

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Que signifie pour vous cette visite ?

La visite du Pape nous remontera le moral, plus que toute autre chose. Tous les yeux de la planète seront dirigés vers Baghdeda. Le monde saura ainsi ce qui est arrivé à cette ville : les terribles destructions et la migration forcée. Ce serait également bien si nous recevions ensuite un peu plus d’aide et de soutien. Cette visite est très importante pour nous qui sommes ici, surtout après l’énorme migration forcée de tant des nôtres. Cette visite signifie que nous ne sommes pas seuls et qu’il y a des gens qui prient pour nous. Cela nous donnera de l’espoir, nous encouragera à rester dans notre pays et à ne pas le quitter.

Qu’aimeriez-vous dire au Saint-Père ?

Si j’ai l’occasion de le rencontrer, je voudrais le remercier pour sa visite qui nous rend très heureux, et pour ses prières. Je tiens également à le remercier pour toute l’aide qu’il nous a procurée ces derniers temps. Je n’oublie pas sa grande solidarité et le geste qu’il a fait en vendant aux enchères la Lamborghini qu’on lui avait donnée pour soutenir avec l’argent récolté la reconstruction de la plaine de Ninive. Je voudrais aussi qu’il continue à prier pour nous afin que la paix arrive en Irak.

Qu’aimeriez-vous lui montrer à Qaraqosh/Baghdeda ? Que devrait-il visiter ?

Je voudrais lui montrer l’église historique Al-Tahira et des photos de Baghdeda, je voudrais qu’il voie comment l’État Islamique l’a détruite et comment les gens d’ici ont eu le courage de la reconstruire.

¿Qué significa la visita para usted?
La visita del Papa levantará el ánimo y la moral, más que cualquier otra cosa. Todos los ojos del mundo se dirigirán a Baghdeda. Así, el mundo sabrá lo que le sucedió a esta ciudad. La terrible destrucción y la migración forzada. También sería bueno si luego recibimos más ayuda y apoyo. Esta visita es realmente importante para nosotros, los que estamos aquí, especialmente después de la enorme migración forzada de tantos de los nuestros. La visita significa que no estamos solos y hay quienes rezan por nosotros. Esto nos dará esperanza, nos animará a permanecer en nuestra tierra y no dejarla.

¿Qué le gustaría decirle al santo padre?
Si tengo la oportunidad de encontrarme con él: quiero agradecerle su visita, que nos hace muy felices, y su oración. También quiero darle las gracias por todo lo que nos ha ayudado durante el último periodo. No me olvido de su gran solidaridad y del gesto de subastar el Lamborghini para apoyar con ese dinero la reconstrucción de la llanura de Nínive. También quiero que siga orando por nosotros para que la paz llegue a Irak.

¿Qué le gustaría mostrarle en Baghdeda /Qaraqosh? ¿Qué debería visitar?
Quiero mostrarle la histórica iglesia Al-Tahira y fotos de Baghdeda, quiero que vea cómo fue destruida por ISIS y cómo la gente de aquí ha sido tan fuerte para reconstruirla nuevamente.

Was bedeutet der Besuch für Sie?
Der Besuch des Papstes wird die Stimmung und die Moral heben, mehr als alles andere. Alle Augen der Welt werden auf Baghdida gerichtet sein. Dann wird die Welt erfahren, was mit dieser Stadt passiert ist, die schreckliche Zerstörung und die erzwungene Migration. Es wäre auch gut, wenn wir anschließend mehr Hilfe und Unterstützung bekommen würden. Dieser Besuch ist wirklich wichtig für uns hier, besonders nach der großen Zwangsmigration so vieler unserer Leute. Der Besuch bedeutet, dass wir nicht allein sind, und dass es Menschen gibt, die für uns beten. Das wird uns Hoffnung geben, es wird uns ermutigen, in unserem Land zu bleiben und es nicht zu verlassen.

Was würden Sie dem Heiligen Vater gerne sagen?
Wenn ich die Gelegenheit habe, ihn zu treffen: Ich möchte ihm für seinen Besuch, der uns sehr glücklich macht, und für sein Gebet danken. Ich möchte mich auch bei ihm für alles bedanken, was uns in der letzten Zeit geholfen hat. Ich werde nie seine große Solidarität vergessen sowie die Geste, den Lamborghini zu versteigern (siehe Link zur Meldung), um mit diesem Geld den Wiederaufbau der Ninive-Ebene zu unterstützen. Ich möchte auch, dass er weiterhin für uns betet, damit im Irak Frieden einkehrt.

Was möchten Sie ihm in Baghdida /Karakosch zeigen? Was sollte er besuchen?
Ich möchte ihm die historische Al-Tahira-Kirche zeigen und Bilder von Baghdida, ich möchte, dass er sieht, wie alles von ISIS zerstört wurde und welcher Kraft die Menschen hier es wiederaufgebaut haben.

What does the Pope’s visit mean to you?
The papal visit will lift up our spirits and morale more than anything else. All the eyes of the world will be on Baghdeda. And in this way the world will know what happened to this city. The terrible destruction and the forcible ethnic cleansing. It will also be a good thing if afterwards we get more support and help. This visit is really important to us, to those of us who are living here, especially after the massive ethnic cleansing and expulsion of so many of us. His visit means that we are not alone and that there are people who are praying for us. This will give us fresh hope and encourage us to persevere, here on our own soil, and not leave it.

What would you like to say to the Holy Father?
If I get the opportunity to meet him, I would like to be able to thank him for his visit, which has made us very happy, and for his prayers. I would also like to thank him for all he has done to help us in recent times. I have not forgotten his great gesture of solidarity in auctioning the Lamborghini in order to use the money to help pay for the reconstruction of our homes on the Niniveh plains. I would also like to ask him to continue praying for us and for peace to return to Iraq.

What would you like to show him in Qaraqosh/ Baghdeda? Which places should he visit?
I would like to show him our historic Al-Tahira church, and some photos of Baghdeda. I’d like him to be able to see how it was destroyed by IS and how the people here have worked so hard recently to rebuild it once more.

Qu’est-ce que cette visite signifie pour vous ?

La visite du Pape est ce que nous désirions le plus ici. C’est une grande bénédiction. Nous avons un grand désir de le voir. Ce qui rajoute de l’importance à cette visite, c’est la situation de vulnérabilité que nous, chrétiens, subissons en Irak. Il y a plusieurs raisons à cette fragilité, toutes sont les séquelles de l’État Islamique. Toutes ces destructions ont grandement contribué à l’émigration des chrétiens. De nombreux problèmes pèsent sur nous. Mais par sa visite, le Pape nous donnera de l’espérance et de la confiance, il nous encouragera et réduira notre fardeau. Bien que la situation soit instable en Irak en ce qui concerne la sécurité, tout spécialement dans le domaine politique, on s’attend à ce qu’à l’arrivée du Pape, sa sécurité soit correctement assurée.

Qu’aimeriez-vous dire au Saint-Père ?

Je voudrais lui demander de me donner sa bénédiction, de bénir mon travail et le dévouement des prêtres d’ici, et de bénir le peuple par ses prières. Je voudrais lui demander d’aider tous ceux qui sont en danger dans ce pays, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Qu’il tente de mobiliser les pays du monde entier pour soutenir ce pays qui a besoin d’aide.

Qu’aimeriez-vous lui montrer à Qaraqosh/Baghdeda ? Que devrait-il visiter ?

J’aimerais qu’il visite l’église Al-Tahira, parce que c’est un symbole et un élément du patrimoine de Baghdeda. Cette église est la mère, le foyer et le patrimoine de chacun des habitants de Baghdeda. Nos ancêtres ont construit cette église, nous avons tous le sentiment d’en faire partie. Bien sûr, nous serions heureux qu’il visite de nombreux endroits, des églises, monastères et maisons traditionnelles, et qu’il rencontre également beaucoup de gens qui ont le désir de le voir.

¿Qué significa la visita para usted?
La visita del Papa es lo que más hemos deseado aquí. Es una gran bendición. Sentimos un gran anhelo de verlo. Lo que agrega importancia a esta visita son las condiciones tan vulnerables que sufrimos los cristianos en Irak. Hay varios motivos para esa fragilidad, todas las secuelas que ha dejado el ISIS, esa enorme destrucción ha llevado en gran medida a la emigración de cristianos. Muchos problemas pesan sobre nosotros. Pero cuando nos visite, nos dará esperanza, confianza y aliento y reducirá esta carga. Además del hecho de que la situación de seguridad en Irak, especialmente la política, es inestable, se espera que a la llegada del Papa se garantice su seguridad de manera correcta.

¿Qué le gustaría decirle al santo padre?
Querría pedirle que me dé su bendición, que bendiga mi servicio y la entrega de los sacerdotes aquí y que bendiga al pueblo a través de sus plegarias. Le pido que ayude a todos los que están en peligro en este país, ya sean cristianos o musulmanes. Que intente movilizar a los países del mundo para que apoyen a este país que necesita ayuda.

 ¿Qué le gustaría mostrarle en Baghdeda / Qaraqosh? ¿Qué debería visitar?
Me encantaría que visite la iglesia Al-Tahira, porque es símbolo y patrimonio de Baghdeda. Esta iglesia es madre, hogar y herencia de cada uno de los habitantes de Baghdeda. Nuestros antepasados ​​construyeron esta iglesia, todos nos sentimos parte de ella. Ciertamente, nos alegraría que visitara muchos lugares, iglesias, monasterios y casas tradicionales,  también que vea a muchas personas que anhelan verlo.

Was bedeutet der Besuch für Sie?
Der Besuch des Papstes ist das, was wir uns hier am meisten gewünscht haben. Es ist ein großer Segen. Wir spüren eine starke Sehnsucht, ihn zu sehen. Was diesen Besuch noch wichtiger macht, sind die äußerst prekären Bedingungen, unter denen wir Christen im Irak leiden. Es gibt mehrere Gründe für diese Zerbrechlichkeit. All die Folgen, die ISIS hinterlassen hat, diese enorme Zerstörung hat in großem Maße zur Auswanderung von Christen geführt. Viele Probleme lasten auf uns. Aber wenn er uns besucht, wird er uns Hoffnung, Zuversicht und Ermutigung geben und diese Last verringern. Auch wenn die Sicherheitslage im Irak, insbesondere die politische Situation, instabil ist, hoffen wir, dass bei der Ankunft des Papstes seine Sicherheit ausreichend gewährleistet ist.

 

Was würden Sie dem Heiligen Vater gerne sagen?
Ich möchte ihn bitten, mir seinen Segen zu geben, meinen Dienst und die Hingabe der Priester hier zu segnen und die Menschen durch seine Gebete zu segnen. Ich bitte ihn, all jenen zu helfen, die in diesem Land in Gefahr sind, ob sie nun Christen oder Muslime sind; und die Länder der Welt zu mobilisieren, um dieses Land, das Hilfe braucht, zu unterstützen.

Was möchten Sie ihm in Baghdida / Karakosch zeigen? Was sollte er besuchen?
Ich möchte, dass er die Al-Tahira-Kirche besucht, denn sie ist ein Symbol und Erbe von Baghdida. Diese Kirche ist die Mutter, die Heimat und das Vermächtnis eines jeden einzelnen Menschen in Baghdida. Unsere Vorfahren haben diese Kirche erbaut, wir alle fühlen uns als Teil von ihr. Sicherlich würden wir uns freuen, wenn er viele Orte, Kirchen, Klöster und traditionelle Häuser besuchen würde, und auch, wenn er viele Menschen treffen würde, die sich danach sehnen, ihn zu sehen.

What does the visit mean to you?
The papal visit is the thing we have longed for most of all here. It will be a great blessing. We have a great yearning to see him. What gives added importance to this visit is the so very vulnerable situation that we are suffering as Christians in Iraq. There are many reasons for this vulnerability, including the aftermath of what IS left behind, the enormous destruction which has led in such large measure to the emigration of the Christians. There are many problems weighing on us. But when he comes to visit us, he will give us new hope and confidence and some relief from this burden. In addition there is the fact that the security situation in Iraq, and especially the political situation, is so unstable, so we are hoping that when the Pope does arrive they will guarantee his security in the way that they should.

 

What would you like to say to the Holy Father?
I would like to ask him to give me his blessing, to bless my ministry and the hard work of all the priests here, and also to bless all the people through his prayers. I would ask him to help all those in danger in this country, whether they are Christians or Muslims. And that he might strive to encourage the countries of the world to support this nation, which is truly in need.

What would you like to show him in Qaraqosh/ Baghdeda? What places ought he to visit?
I would love him to visit the Al-Tahira church, because it is a symbol and a rich cultural legacy of Baghdeda. This church is the mother, the home and the inheritance of every one of the inhabitants of Baghdeda. Our forefathers built this church, and we all feel we are a part of it. Of course, we would be happy for him to visit many different places – churches, monasteries and traditional homes – and also for him to be able to meet all the many people who are longing to see him.

Que signifie pour vous cette visite ?

Elle a une valeur morale, et non pas économique. Cette question occupera l’opinion publique mondiale, et tout spécialement irakienne. J’ai l’impression d’y tenir une place importante.

 

Qu’aimeriez-vous dire au Saint-Père ?

Ce sera formidable de faire sa connaissance, et je voudrais lui dire : « Nous avons besoin d’une protection internationale parce que notre communauté chrétienne a subi une migration forcée ».

Qu’aimeriez-vous lui montrer à Qaraqosh/Baghdeda ? Que devrait-il visiter ?

J’aimerais lui montrer les églises et les maisons brûlées, afin qu’il voie les dégâts que l’État Islamique a laissés derrière lui dans cette ville. Et aussi notre Musée du patrimoine de Baghdeda pour lui présenter notre histoire et notre culture.

¿Qué significa la visita para usted?
La visita tiene un valor moral, no económico. Este tema ocupará la opinión pública en el mundo y especialmente en Irak. Siento que tengo un lugar importante en él.

 

¿Qué le gustaría decirle al santo padre?
Será genial conocerlo y querría decirle “necesitamos protección internacional, porque nuestra comunidad cristiana ha sufrido una migración forzada”.

¿Qué le gustaría mostrarle en Baghdeda /Qaraqosh? ¿Qué debería visitar?
Me gustaría mostrarle las iglesias y las casas quemadas, para que vea el daño que dejó ISIS en esta ciudad. Y también nuestro Museo del patrimonio de Baghdeda para presentarle nuestro historia y cultura.

Was bedeutet der Besuch für Sie?
Der Besuch hat einen moralischen Wert, keinen wirtschaftlichen. Er wird die öffentliche Meinung in der Welt und insbesondere im Irak beherrschen. Ich habe das Gefühl, dass ich einen wichtigen Anteil daran habe.

Was würden Sie dem Heiligen Vater gerne sagen?
Es wird großartig sein, ihn zu treffen, und ich möchte ihm sagen: „Wir brauchen internationalen Schutz, weil unsere christliche Gemeinschaft unter der erzwungenen Auswanderung gelitten hat“.

Was möchten Sie ihm in Baghdida /Karakosch zeigen? Was sollte er besuchen?
Ich möchte ihm die Kirchen und ausgebrannten Häuser zeigen, damit er den Schaden sieht, den ISIS in dieser Stadt angerichtet hat. Und auch unser Heimatmuseum in Baghdida, um ihm unsere Geschichte und Kultur näher zu bringen.

What does this visit mean to you?
This visit has a moral value rather than an economic one. This is a topic that will engage public opinion around the world and especially in Iraq. I feel as though I have an important part to play in it.

What would you like to say to the Holy Father?

It would be wonderful to be able to meet him, and I would like to be able to say to him, “We need international protection, because our Christian community was forcibly displaced.”

What would you like to show him in Qaraqosh/ Baghdeda? What places should he visit?
I would like to be able to show him the churches and houses that were burnt out, so that he could see the destruction left behind by IS in this city. And also our Baghdeda Heritage Museum, so that we can show him our history and culture.