Liban : Aide à la pastorale de l’université de Baabda
Le Liban connaît depuis 2019 l’un des pires effondrements économiques de l’histoire moderne. 50 à 75 pourcents de la population vivent désormais sous le seuil de pauvreté, et la classe moyenne est également largement appauvrie. Cette situation est le résultat d’une combinaison de corruption structurelle, de paralysie politique, d’une crise financière massive, de conflits militaires répétés et de la menace constante de guerre dans la région. Le pays abrite également un nombre disproportionné de réfugiés syriens par rapport à la population.
Tous ces problèmes affectent la vie de la population de ce pays qui, il n’y a pas si longtemps encore, était considéré comme la « Suisse de l’Orient ». La crise a non seulement des conséquences économiques, mais aussi de graves conséquences psychologiques : le désespoir et le découragement se propagent et, ces dernières années, le taux de suicide a augmenté de 21,7 pourcents.

La majorité des jeunes ne voient plus aucune perspective dans leur pays. La plupart des gens rêvent de construire une nouvelle vie à l’étranger. Bon nombre d’entre eux ont déjà émigré ou envisagent de le faire. Cela affaiblira encore davantage le Liban, car le pays a un besoin urgent de personnes bien éduquées pour construire un avenir meilleur. Or, ce sont précisément ces personnes qui quittent le pays. Cela saigne à blanc les communautés chrétiennes, parce que ce sont surtout les chrétiens qui émigrent. Leur nombre diminue ainsi dans le seul pays du Proche-Orient qui était encore récemment à majorité chrétienne.
Dans les universités catholiques, la pastorale étudiante s’efforce d’encourager les jeunes étudiants à rester au Liban, spécialement aujourd’hui. Grâce à la prière, à l’accompagnement pastoral et à l’expérience de la vie en communauté avec d’autres jeunes fidèles, les étudiants devraient trouver la force de contribuer à façonner la société à travers leur foi.
L’une de ces universités est l’Université de l’Ordre Antonin de Baabda, dans l’ouest du pays. Ici, avec le soutien de l’Aide à l’Église en Détresse, les activités de la pastorale étudiante ont été intensifiées et un programme a été développé. Les étudiants sont écoutés avec attention, conseillés et accompagnés, afin qu’ils puissent trouver de l’aide pour surmonter leurs difficultés. Des démarches spirituelles telles que des prières de groupe, la lecture en commun des Écritures, des retraites spirituelles et des excursions à contenu spirituel les aident à vivre leur foi au quotidien et à donner un sens à leur vie. L’engagement social est également renforcé afin que les jeunes apprennent à assumer leurs responsabilités auprès de ceux qui en ont besoin au sein de la société. Un autre élément est l’apostolat des vocations. Son but est de témoigner de la beauté de la vie consacrée et du sacerdoce. Cela permet de susciter des vocations chez les jeunes et de les encourager à mettre leur vie au service de l’Église.

Le Père Ruben Makol, aumônier des étudiants, explique : « L’objectif principal de ce programme est d’aider les jeunes à vivre une véritable expérience avec le Seigneur et à se sentir à nouveau en lien avec leur Église et leur pays, afin de construire une communauté dynamique qui leur donne du sens, de l’espérance et de la stabilité. Nous constatons de réelles transformations chez ceux qui cheminent avec nous : ils sont plus profondément enracinés dans leur foi et font preuve d’une plus grande motivation pour leurs études, leur avenir et leur engagement au sein de l’Église. Cette communauté leur offre un lieu qu’ils décrivent comme une „seconde famille“ ».
Hélas, l’Ordre est également durement touché par la crise économique et n’est donc pas en mesure de réunir seul les fonds nécessaires pour poursuivre ces activités. C’est pourquoi, cette année encore, nous soutenons ce précieux programme pour 300 étudiants. Nos bienfaiteurs aideront ainsi ces jeunes à retrouver un nouvel espoir.